Samuel  Mathieu

Du 13 au 18 mai

Frau Troffea

Origine du projet

« Strasbourg, été 1518. Dans les rues étroites de la ville et sur les places, des dizaines de personnes dansent frénétiquement au rythme de tambourins, violes et cornemuses. Mais l’atmosphère n’a rien de festif. Les scènes sont même « terrifiantes », écrit l’historien de la médecine John Waller dans The Dancing Plague (éditions Sourcebooks), un ouvrage de référence sur le sujet, paru en 2009.

Les femmes, hommes et enfants atteints de cette étrange « manie dansante » crient, implorent de l’aide, mais ne peuvent s’arrêter. Ils sont en transe. Ils ont « le regard vague ; le visage tourné vers le ciel ; leurs bras et jambes animés de mouvements spasmodiques et fatigués ; leurs chemises, jupes et bas, trempés de sueur, collés à leurs corps émaciés », décrit John Waller. En quelques jours, les cas se multiplient comme se répand un virus, semant la peur et la mort dans la cité alsacienne. Jusqu’à quinze danseurs succomberont chaque jour, selon un témoin de l’époque, victimes de déshydratation ou d’accidents cardio-vasculaires.

C’est une femme, Frau Troffea, qui a ouvert le bal de cette mort dansante, le 14 juillet. Les épidémiologistes daujourdhui la nommeraient « patient zéro », soit le premier individu infecté lors dune épidémie. [] » – « Lorsqu’en 1518, les Strasbourgeois se mirent à danser jour et nuit », Sandrine Cabut, LE MONDE, 28/07/2014.

Frau Troffea, solo, premier opus de Saltarines.

Saltarines pourrait être une évolution épidémiologique de ce premier volet. Frau Troffea en serait l’origine, la genèse, le patient zéro de l’épopée.

Cette première étape permet une définition esthétique du projet global, la construction d’un propos et le développement d’états de corps pluriels, opposés, harmonieux et contradictoires. Saltarines est le résultat d’une contamination de cette matière développée sur Frau Troffea.

Conception et chorégraphie | Samuel Mathieu
Interprétation et chorégraphie | Martin Mauriès
Composition musicale | Maxime Denus
Conception lumière | Arthus Gueydan
Administration et production | Suzanne Maugein
Textes | Cie Samuel Mathieu
Photos | Pierre Ricci