room with a view

RONE et (LA)HORDE avec le Ballet National de Marseille

Avec le musicien RONE, le collectif (LA)HORDE – récemment nommé à la direction du CCN Ballet national de Marseille – présente cette pièce où chorégraphie et musique se rencontrent pour raconter la souffrance et la légitime colère des générations actuelles. Ensemble, ils ont imaginé un espace trouble qui fait apparaître la paradoxale beauté du chaos qui naît de l’énergie salvatrice et de la force collective.

“Sous l’apparente douceur de son titre, Room With A View est une descente brutale dans l’époque.” 

Alain Damasio

Dans la boite de nuit, au son des basses qui résonnent, les corps se lâchent. L’énergie bourdonne, sourde, et croît dans cet espace compact, s’amplifie avec violence. Les corps et relations se cognent avec fracas avant de s’effondrer, comme le reste. Rien n’est plus solide désormais. Puis ces êtres décousus retrouvent un sens, ensemble. Enfin, pas exactement : ensemble oui, mais seuls, uniques, une multitude d’individualités qui résonne par le partage.  

Room WithView conte le chaos du passage nécessaire d’une génération éprouvée au chacun pour tous après avoir subi les affres du chacun pour soi. La flamme de la colère a façonné autant de joyaux bruts en une force bigarrée et en(r/g)agéeC’est un cri d’alarme, presque plus dans l’anticipation mais dans le constat, simple et cruel, l’effondrement déjà en route.  

Œuvre esthétique et politique, Room WithView peint le difficile éveil des consciences face à une fin du monde imminente. La danse et la musique dialoguent au milieu de cette scénographie monumentale, théâtre de la lutte inévitable des générations devant faire face au désastre politique, social, sociétal, environnemental, économique construit et laissé par ses prédécesseurs. Entre pessimisme inerrant à la fin de toute chose, et optimiste d’un avenir plus juste, Room WithView explore la (peut-être pas si importante) dichotomie de la fatalité et de l’espoir d’une génération entière 

“Nous voilà à la fois au volant et à la place du mort de la voiture-ballet d’un monde qui se délite : le moteur surchauffe, l’essence va bientôt manquer et la durite s’apprête à péter.”